Une refonte de site internet de mairie tient en six étapes, de l’audit de l’existant à la formation des agents.Elle ne dépend pas d’un choix d’outil, mais d’une méthode qui protège votre place dans Google et vos administrés.
Refondre le site d’une commune n’est pas le créer depuis zéro. Vous héritez de plusieurs choses :
- des adresses de pages connues de Google ;
- des contenus accumulés depuis dix ou vingt ans ;
- des administrés habitués à un certain parcours ;
- parfois, des engagements en cours avec un prestataire historique.
Voici la méthode que nous appliquons avec les communes qui quittent une plateforme existante pour Mairie.app.Elle vaut pour tout site internet de collectivité, de la petite commune à l’intercommunalité.
Audit de l’existant : ce qui marche, ce qui ne marche plus
Avant toute décision, faites une photographie objective du site actuel.Trop de refontes partent d’un ressenti (« le site est moche », « l’ancien prestataire ne répond plus »).Le cahier des charges ignore alors les points forts de l’existant.
L’audit dure une à deux journées et donne le matériau de toutes les décisions suivantes.
Inventoriez méthodiquement les 13 dimensions suivantes :
- Audience et trafic. Volume de visites mensuelles, pages les plus consultées, provenance (Google, accès direct, réseaux sociaux), durée moyenne sur le site. Les données viennent de Google Search Console, Matomo, Umami ou Google Analytics, selon ce qui est installé ;
- Conformité RGAALe référentiel général d’amélioration de l’accessibilité. Il fixe les critères qu’un site public respecte pour rester utilisable par les personnes handicapées.En savoir plus 4.1 (accessibilité aux personnes handicapées). Niveau d’accessibilité réel, déclaration d’accessibilité publiée ou non, taux de conformité affiché. Croisez ces données avec un test rapide via Wave ou axe DevTools ;
- Conformité RGPDLe règlement général sur la protection des données. Ce texte européen encadre la collecte et l’usage des données personnelles, y compris par une mairie.En savoir plus (protection des données personnelles). Mentions légales à jour, politique de confidentialité, bandeau cookies conforme aux recommandations de la CNILLa Commission nationale de l’informatique et des libertés. Elle veille au respect du RGPD en France, contrôle et peut sanctionner.En savoir plus, registre des traitements documenté côté collectivité ;
- Place dans Google (référencement). Positions sur les recherches locales (« mairie de X », « état civil X », « horaires mairie X »), liens venus d’autres sites, présence dans le plan du site (sitemap) ;
- Vitesse du site. Score PageSpeed Insights (l’outil de mesure de Google), temps de chargement sur téléphone, indicateurs de vitesse de Google (Core Web VitalsLes mesures de vitesse et de stabilité d’une page que Google utilise. Une page rapide a plus de chances d’être bien classée.En savoir plus) ;
- Contenus. Nombre d’articles publiés, fraîcheur (date du dernier contenu), redondances, pages auxquelles aucun lien ne mène, documents PDF cumulés ;
- Services en ligne. Lesquels sont réellement utilisés (signalements, alertes, formulaires de contact, billetterie, agenda) ? Lesquels sont morts ? Lesquels manquent ?
- Comptes utilisateurs. Combien d’agents ont un accès de gestion, qui est encore en poste, qui s’est connecté ces 6 derniers mois ?
- Coût annuel réel. Hébergement, licence, maintenance, support, développements ponctuels facturés au taux journalier ;
- Engagements contractuels. Date d’échéance du contrat, conditions de résiliation, propriété intellectuelle du design et des contenus ;
- Sauvegardes et exports. Le prestataire actuel fournit-il un export structuré des données (articles, médias, formulaires), ou seulement une copie brute de la base de données ?
- Avis des agents. Prévoyez une demi-journée d’entretiens avec les secrétaires de mairie, les agents de communication et les élus qui publient. Les irritants du quotidien émergent souvent là ;
- Avis des administrés. Retours en mairie, demandes récurrentes au standard, commentaires sur les réseaux sociaux locaux.
Cet audit alimente le cahier des charges.Il permet surtout de hiérarchiser ce qu’il faut conserver ou améliorer.
Pour une grille de lecture structurée, notre checklist d’audit en 30 points fournit un score sur 30.
Rédiger un cahier des charges de refonte
Un cahier des charges de refonte n’est pas un cahier des charges de création.Il intègre dès le départ les contraintes héritées du site existant, qui pèsent autant sur le budget que sur le calendrier.
Sans ce document, la commune s’expose à des avenants en cours de projet et à des arbitrages mal informés.
Voici les sections incontournables d’un cahier des charges (CdC) de refonte :
- Contexte et objectifs. Pourquoi refondre maintenant ? Quels objectifs mesurables (réduire les appels au standard, augmenter les démarches en ligne, atteindre la conformité RGAALe référentiel général d’amélioration de l’accessibilité. Il fixe les critères qu’un site public respecte pour rester utilisable par les personnes handicapées.En savoir plus) ;
- Périmètre. Services obligatoires, optionnels, exclus. Sans cette hiérarchie, un prestataire peut chiffrer un projet maximaliste là où la commune cherchait l’essentiel ;
- Contraintes héritées. Adresses de pages à préserver, contenus à migrer, comptes utilisateurs à recréer, services extérieurs à rebrancher (mairie en ligne, démarches FranceConnectLe bouton de connexion proposé par l’État. L’habitant se connecte avec un compte qu’il a déjà, comme celui des impôts.En savoir plus, paiement en ligne).FranceConnectLe bouton de connexion proposé par l’État. L’habitant se connecte avec un compte qu’il a déjà, comme celui des impôts.En savoir plus est le bouton de connexion de l’État, avec vos identifiants impots.gouv ou ameli ;
- Plan de migration des données. Inventaire des contenus, format d’export disponible, format d’import attendu, période couverte (tout l’historique ou les 3 dernières années) ;
- Place dans Google. Liste des pages très visitées à préserver, tableau ancienne adresse → nouvelle adresse, plan de redirections 301 ;
- Identité graphique. Charte conservée, ajustée ou refondue ? Logo existant fourni en format vectoriel (SVG) ? Photographies disponibles en haute définition ?
- Calendrier réaliste. Prévoyez des marges sur les phases de validation, souvent sous-estimées. Repérez la date butoir liée à un événement (vœux du maire, rentrée, élection) ;
- Formation et reprise en main. Combien d’agents à former, dans quels services, sur quels outils ;
- Critères de sélection. Pondération entre prix, expérience du secteur public, références, accompagnement, conformité RGAALe référentiel général d’amélioration de l’accessibilité. Il fixe les critères qu’un site public respecte pour rester utilisable par les personnes handicapées.En savoir plus et RGPDLe règlement général sur la protection des données. Ce texte européen encadre la collecte et l’usage des données personnelles, y compris par une mairie.En savoir plus, localisation de l’hébergement.
Pour un cahier des charges de création (et la différence avec une refonte), voir notre guide complet de création d’un site de mairie.
Maintenir, migrer ou repartir de zéro : 3 stratégies
Toute refonte de site institutionnel n’a pas la même ampleur.Trois stratégies cohabitent, chacune adaptée à un contexte précis.
Le choix dépend de quatre éléments :
- l’état du site existant ;
- le budget ;
- le niveau de satisfaction de l’équipe ;
- la marge de manœuvre contractuelle.
Stratégie 1 : maintenir et améliorer par itérations
Cette stratégie est pertinente dans trois cas :
- la plateforme existante reste maintenue ;
- l’éditeur publie des mises à jour de sécurité régulières ;
- la base technique est saine.
La commune négocie quelques évolutions ciblées : refonte graphique limitée, ajout d’un service précis, mise en conformité RGAALe référentiel général d’amélioration de l’accessibilité. Il fixe les critères qu’un site public respecte pour rester utilisable par les personnes handicapées.En savoir plus.Elle ne change pas de prestataire.
Avantage : perturbation minime, coût contenu, pas de migration.Limite : si la base technique est dépassée, on retarde l’inévitable.
Stratégie 2 : migrer vers une nouvelle plateforme en conservant les contenus
C’est la stratégie la plus fréquente.La commune change d’éditeur et conserve l’essentiel de ses contenus (actualités, élus, comptes-rendus, formulaires).Elle en profite pour remettre à plat l’organisation des pages, l’identité graphique et la conformité.
Le scénario type : passer d’un WordPress vieillissant à une plateforme spécialisée, en ligne et par abonnement.
Avantage : modernisation effective sans tout reconstruire.Limite : il faut un export propre de l’existant, que l’ancien prestataire ne fournit pas toujours.
Stratégie 3 : repartir de zéro
Cette stratégie est rare, mais justifiée dans quatre cas :
- le site existant est très ancien (avant 2015) ;
- le volume de contenus est faible ;
- la qualité éditoriale est à reprendre dans l’ensemble ;
- la conformité RGAALe référentiel général d’amélioration de l’accessibilité. Il fixe les critères qu’un site public respecte pour rester utilisable par les personnes handicapées.En savoir plus et RGPDLe règlement général sur la protection des données. Ce texte européen encadre la collecte et l’usage des données personnelles, y compris par une mairie.En savoir plus est si éloignée qu’il est plus simple de recommencer.
C’est aussi le scénario d’une commune nouvelle issue d’une fusion, qui choisit de bâtir une identité numérique propre.
Avantage : table rase, optimisation totale.Limite : perte d’historique, perte de référencement si la bascule est mal gérée, charge de travail éditorial élevée.
Migrer les contenus existants sans perdre vos administrés
La migration est l’étape la plus risquée d’une refonte.Elle décide de trois choses :
- vos administrés retrouvent-ils ce qu’ils cherchent ;
- Google continue-t-il de vous afficher ;
- l’historique administratif de la commune reste-t-il accessible.
Anciennes et nouvelles adresses de pages : les redirections 301
Toute adresse de page de l’ancien site qui recevait des visites ou des liens d’autres sites doit avoir une redirection permanente (HTTP 301) vers son équivalent sur le nouveau site.Une redirection envoie le visiteur de l’ancienne adresse vers la nouvelle, sans qu’il ait rien à faire.Sans ce travail, les visites venues de Google peuvent chuter de 30 à 50 % en quelques semaines.
Concrètement, suivez trois étapes :
- exportez le plan de l’ancien site (sitemap.xml) ;
- croisez-le avec les pages les plus visitées (Google Search Console) ;
- construisez un tableau ancienne adresse → nouvelle adresse.
Le nouveau prestataire doit accepter de mettre en place ces redirections sur son serveur.
Migration des contenus structurés
- Articles d’actualité. Export structuré (idéalement JSON ou XML, des formats qu’un autre logiciel sait relire) avec titre, contenu, date de publication, auteur, image d’illustration, catégorie. Les actualités de plus de 5 ans peuvent être archivées plutôt que migrées ;
- Événements et agenda. Export incluant date, lieu, description, récurrence. Les événements passés peuvent être conservés pour la mémoire de la commune, ou supprimés ;
- Annuaire des élus et agents. Photo, nom, fonction, délégations, commissions, coordonnées éventuelles. Les changements après des élections sont l’occasion d’une mise à jour complète ;
- Comptes-rendus de conseil municipal. Documents PDF datés, à conserver intégralement pour des raisons d’archivage légal ;
- Médiathèque. Photographies de la commune, vidéos, logos. Conservez des noms de fichiers stables, ou prévoyez des redirections pour les médias référencés.
Garder vos statistiques de visite
Si la commune utilise un outil de statistiques (Umami, Matomo, Plausible), elle peut garder son compte existant et le relier au nouveau site.Elle préserve ainsi l’historique d’audience et compare les résultats année après année.
Communiquer la refonte aux administrés
Un site refondu est un changement visible pour vos administrés.Communiquer en amont et accompagner la bascule limite les frictions.
- Annonce 2 à 3 semaines avant. Lettre d’information, affichage en mairie, publication sur les pages de réseaux sociaux locales (Facebook, Instagram). Mentionnez la date prévue, ce qui change et ce qui ne change pas (adresse de la mairie, téléphone, horaires) ;
- Période de double-publication. Pendant 1 à 2 semaines après la bascule, publiez les actualités importantes sur le nouveau site, puis reprenez-les sur les réseaux sociaux pour amener des visiteurs ;
- Page transitoire « Notre site fait peau neuve ». Cette brève page du nouveau site explique la démarche et les nouveautés. Elle indique où signaler un problème (lien cassé, contenu manquant). C’est aussi un signal de modernité positif ;
- Gestion des liens externes. Les administrations partenaires (préfecture, département, intercommunalité, France Services) peuvent référencer l’ancienne adresse dans leurs propres sites. Listez-les et demandez la mise à jour. Les redirections 301 absorbent le délai, mais ne dispensent pas du nettoyage ;
- Communication interne. Les associations locales, les écoles et les clubs sportifs envoient parfois des courriels qui pointent vers une page du site (formulaire d’inscription, salle à réserver). Préparez-les au changement.
Former les agents et organiser la prise en main
Un site refondu n’a de valeur que s’il est tenu à jour.La formation des agents et l’organisation interne pèsent autant que la qualité technique de la plateforme.Ce volet est trop souvent négligé dans les budgets et dans les cahiers des charges.
Formation initiale
Prévoyez une demi-journée pour les agents qui publieront régulièrement (communication, secrétariat de mairie).Prévoyez une heure pour les contributeurs occasionnels (élus, responsables de service).
La formation porte sur cinq gestes :
- créer et publier des actualités ;
- gérer l’agenda ;
- mettre à jour l’annuaire ;
- modérer les formulaires de contact ;
- rédiger de façon accessible (description des images, titres dans le bon ordre).
Documentation interne
La plateforme retenue doit fournir une documentation utilisateur.Complétez-la d’un guide interne de 2 à 5 pages, adapté à votre commune.
Ce guide précise :
- qui publie quoi ;
- qui valide ;
- la ligne éditoriale ;
- les conventions de nommage des médias ;
- la gestion des comptes utilisateurs.
Support des premiers jours
Les deux premières semaines après la bascule génèrent des questions et des petits défauts (lien cassé, image mal cadrée, formulaire mal paramétré).Désignez un référent unique côté commune et un contact direct chez le prestataire.
Comparer les approches de plusieurs éditeurs sur ce point de support permet d’éviter les mauvaises surprises.
Pour anticiper le budget global de la refonte (technique, formation, accompagnement), notre grille tarifaire publique détaille précisément ce qui est inclus dans chaque formule.
