Combien coûte réellement le site internet d’une commune en 2026 ? La réponse honnête tient en une phrase : entre 0 € et 25 000 € sur trois ans, selon le modèle choisi et la taille de la collectivité. Cet article détaille les fourchettes du marché, modèle par modèle, avec leurs coûts cachés.
Transparence éditoriale : Mairie.app est juge et partie dans ce comparatif puisque nous vendons une plateforme SaaS. Nous avons choisi de publier quand même les fourchettes du marché telles que nous les observons, sans dissimuler les cas où une autre option est plus pertinente que la nôtre. Voir la page dédiée aux petites communes pour des recommandations adaptées aux très petits budgets.
Les 4 modèles de coûts du marché
Quatre grandes familles de solutions coexistent sur le marché des sites internet de mairie. Chacune a une logique économique différente, qui explique les écarts de prix.
1. Agence sur-mesure
Une agence web (locale ou nationale) conçoit et développe un site spécifique, souvent sur un CMS open source (Drupal, WordPress sur-mesure) ou propriétaire. Tarif typique : 8 000 à 25 000 € pour la création, plus une maintenance annuelle de 1 000 à 4 000 € (hébergement, mises à jour, corrections).
Le coût grimpe vite si l’agence facture chaque module séparément (carte interactive, formulaire de signalement, module agenda, espace famille). Une refonte tous les 5 à 7 ans est généralement nécessaire — il faut alors repartir d’un cycle complet.
2. WordPress + agence locale
Modèle hybride très répandu : une agence locale installe et personnalise un WordPress avec un thème adapté aux mairies, puis assure la maintenance. Tarif typique : 3 000 à 8 000 € à la création, 800 à 2 000 €/an de maintenance.
Moins cher que le sur-mesure, mais avec des vrais coûts cachés : extensions premium payantes (formulaires, sécurité, sauvegardes), mises à jour PHP qui cassent les plugins, audit RGAA difficile car dépendant des extensions choisies, vulnérabilités de sécurité régulières. La comparaison WordPress vs SaaS détaille ces points.
3. SaaS spécialisé mairies
Plateforme dédiée aux communes, accessible par abonnement annuel. Tarif typique : 1 000 à 5 000 €/an, frais de mise en service nuls ou symboliques. Inclut l’hébergement, les mises à jour, la sécurité, le support et l’évolution fonctionnelle.
Avantage : prévisibilité budgétaire totale, pas de coût caché, pas de refonte forcée. Limite : moins de personnalisation graphique extrême, dépendance au prestataire (à mitiger par un contrat avec clause d’export complet).
4. Dispositif départemental ou associatif
Certains conseils départementaux ou associations d’élus (AMR, AMRF) proposent un site standardisé subventionné. Tarif typique : 0 à 1 000 €/an.
Intéressant pour les très petites communes au budget contraint, mais avec un lock-in fort : design uniforme imposé, fonctionnalités limitées, évolution lente, accessibilité RGAA souvent non garantie au niveau AA, export difficile en cas de changement.
Fourchettes réalistes par taille de commune
Les besoins (et donc les coûts) varient beaucoup selon la taille de la commune. Voici les fourchettes que nous observons sur le marché en 2026, modèle par modèle, par tranche de population. Les montants sont en HT.
| Taille commune | Agence | WordPress + agence | SaaS | Départemental |
|---|---|---|---|---|
| < 500 habitants | 8 000 – 12 000 € + 1 000 €/an | 3 000 – 5 000 € + 800 €/an | 1 000 – 1 800 €/an | 0 – 500 €/an |
| 500 – 2 000 habitants | 10 000 – 16 000 € + 1 500 €/an | 4 000 – 6 000 € + 1 000 €/an | 1 500 – 2 800 €/an | 500 – 1 000 €/an |
| 2 000 – 5 000 habitants | 14 000 – 20 000 € + 2 500 €/an | 5 000 – 7 000 € + 1 500 €/an | 2 500 – 3 800 €/an | 800 – 1 200 €/an |
| 5 000 – 10 000 habitants | 18 000 – 25 000 € + 3 500 €/an | 6 000 – 8 000 € + 2 000 €/an | 3 500 – 5 000 €/an | Souvent non éligible |
Ces fourchettes intègrent un site avec actualités, agenda, annuaire, démarches en ligne basiques, formulaire de contact, accessibilité RGAA visée. Les modules avancés (espace famille, billetterie, signalements géolocalisés, marchés publics) peuvent augmenter le coût de 20 à 50 % selon le modèle.
Coûts cachés à anticiper
Le devis initial ne fait jamais le coût total. Voici les postes les plus fréquemment oubliés au démarrage, par ordre d’impact budgétaire.
- Maintenance évolutive (15-20 % du coût initial/an). Différente de la maintenance corrective : c’est l’ajout de fonctionnalités, l’adaptation aux nouvelles obligations légales (RGAA, RGPD, open data), les mises à jour du CMS. Souvent facturée à l’heure (60 à 120 €/h).
- Hébergement et certificat SSL (200 à 800 €/an). Inclus dans le SaaS, facturé en plus avec une agence. Doit être en France pour des raisons RGPD et symboliques (souveraineté). Voir la page sur l’hébergement souverain.
- Nom de domaine (10 à 50 €/an). Un .fr coûte une dizaine d’euros, un
.commune.frou.mairie.frpeut nécessiter une démarche spécifique auprès de l’AFNIC. Renouvellement annuel à ne pas oublier. - Audit RGAA externe (3 000 à 8 000 €). Quasi jamais inclus, mais recommandé tous les 3 ans pour une commune visant la stricte conformité au décret n° 2019-768. Voir notre guide RGAA pratique.
- Formation des agents (500 à 2 000 €). Indispensable pour que le secrétariat puisse mettre à jour le site en autonomie. Souvent en supplément avec une agence, parfois incluse en SaaS.
- Rédaction des contenus initiaux (variable). Le prestataire fournit l’outil, pas le texte. Compter 80 à 150 € par page si externalisé à un rédacteur spécialisé secteur public.
- Refonte tous les 5 à 7 ans (60 à 80 % du coût initial). Inéluctable en agence pour cause d’obsolescence technologique. Étalée en SaaS (la plateforme évolue en continu, sans refonte facturée).
Tableau comparatif chiffré (TCO 3 ans)
Le coût total de possession (TCO) sur 3 ans est l’indicateur le plus honnête pour comparer les modèles. Il inclut la création, la maintenance, l’hébergement et les évolutions courantes — pas les audits externes ni les refontes.
| Modèle | Création | Par an | TCO 3 ans |
|---|---|---|---|
| Agence sur-mesure | 8 000 – 25 000 € | 1 000 – 4 000 € | 11 000 – 37 000 € |
| WordPress + agence | 3 000 – 8 000 € | 800 – 2 000 € | 5 400 – 14 000 € |
| SaaS spécialisé mairies | 0 – 1 000 € | 1 000 – 5 000 € | 3 000 – 16 000 € |
| Dispositif départemental | 0 € | 0 – 1 000 € | 0 – 3 000 € |
Sur 3 ans, le SaaS et le dispositif départemental restent les plus économiques pour les petites communes. L’écart se creuse au profit du SaaS dès lors qu’on intègre les besoins fonctionnels avancés (signalements, RDV, salles, espace famille) qui ne sont souvent pas couverts par les dispositifs subventionnés.
À noter : sur 5 ans, l’agence sur-mesure devient compétitive si vous n’avez aucun besoin d’évolution. Sur 7 ans avec refonte, le SaaS reprend l’avantage. Le bon horizon de comparaison dépend de votre stratégie numérique.
Le modèle Mairie.app
Nous appliquons un modèle SaaS strict : abonnement annuel unique, calculé par tranche de population, sans frais cachés ni modules optionnels facturés au coup par coup. Le tarif est publié en ligne, sans devis intermédiaire.
Sont inclus dans l’abonnement : l’hébergement souverain en France (Scalingo, Strasbourg), le certificat SSL, le nom de domaine personnalisé (si fourni), les mises à jour de sécurité et fonctionnelles, le support, l’éditeur de contenu, tous les modules (actualités, agenda, signalements, RDV, salles, démarches), et la conformité RGAA 4.1 niveau AA visée dans le design system.
Sont en supplément, comme partout ailleurs : la formation des agents au-delà de l’onboarding initial, un audit RGAA externe si vous en commandez un, la migration de contenus volumineux si elle nécessite plus qu’une journée de travail.
Précision honnête : nous ne sommes pas neutres dans ce comparatif. Nous présentons notre modèle comme une alternative au marché traditionnel. Pour certains profils de commune (voir section suivante), une autre option peut être plus pertinente — et nous le signalerons explicitement.
Quelle option pour quel profil de commune
Honnêtement, il n’y a pas de réponse universelle. Voici quatre profils typiques et la recommandation que nous ferions, même quand ce n’est pas nous.
Très petite commune (< 500 habitants), budget < 1 000 €/an
Recommandation : dispositif départemental ou associatif, si disponible dans votre département. C’est la solution économiquement la plus rationnelle pour un besoin de base (informer, publier les actes, formulaire de contact).
Nous ne sommes pas adaptés à ce segment aujourd’hui — notre prix d’entrée reste au-dessus de ces dispositifs. Voir notre page dédiée aux petites communes.
Petite commune (500 - 2 000 habitants), besoins de base mais agents impliqués
Recommandation : SaaS spécialisé. Le rapport fonctionnalités/prix est imbattable, et la commune monte en compétences numériques sans dépendre d’une agence pour chaque modification.
Commune moyenne (2 000 - 5 000 habitants), équipe communication structurée
Recommandation : arbitrage entre SaaS et WordPress + agence locale. Le SaaS gagne sur la prévisibilité budgétaire et la conformité RGAA continue. Le WordPress local gagne sur la personnalisation graphique extrême et la relation humaine.
Commune importante (5 000+ habitants) avec direction communication dédiée
Recommandation : SaaS spécialisé pour le site institutionnel, plus des développements spécifiques sur-mesure pour les besoins atypiques (portail famille intégré au logiciel métier, billetterie spécifique). Le modèle agence pur reste envisageable mais les coûts deviennent significatifs (15-25 k€ création + 3-4 k€/an).
Conclusion
Pour résumer : le coût d’un site internet de mairie en 2026 va de zéro (dispositif subventionné) à 25 000 € en agence sur-mesure pour la création. Le bon critère de choix n’est pas le prix initial mais le TCO sur 5 à 7 ans, incluant maintenance, refontes et coûts cachés.
Avant de signer, consultez nos autres ressources : le guide complet de création, la méthode de refonte, et les obligations légales à respecter quelle que soit l’option retenue.
Sources : DGCL — DETR, DGCL — DSIL, service-public.fr — démarches en ligne, observations de marché Mairie.app sur l’année 2025.
