Guides pratiques

Commune nouvelle : créer un site internet officiel après fusion

Timeline, nom de domaine, migration des contenus des ex-communes, communication aux administrés : les étapes propres à une commune nouvelle.

Publié leMis à jour le7 min de lecture
Sommaire5 parties

La création du site internet d’une commune nouvelle demande de traiter la fusion avant le numérique : cadre juridique, gouvernance éditoriale, migration des anciens sites et communication aux administrés.Ce guide rassemble les bonnes pratiques observées sur les communes nouvelles créées depuis 2015.

Une commune nouvelle est juridiquement une seule entité.Elle hérite pourtant de deux, trois, parfois cinq anciennes communes, chacune avec son identité, ses élus et souvent son propre site.Certains administrés ont vécu la fusion comme un deuil, et le site doit en tenir compte.

Le contexte des communes nouvelles en France

La commune nouvelle est une structure juridique créée par la loi du 16 décembre 2010 de réforme des collectivités territoriales (loi RCT).La loi du 16 mars 2015 relative à l’amélioration du régime de la commune nouvelle l’a ensuite activement encouragée.

Elle permet à deux ou plusieurs communes contiguës de fusionner en une seule entité juridique.Les anciennes communes deviennent des communes déléguées.Chacune garde généralement un maire délégué, un état civil propre et une mairie annexe.

La Direction générale des collectivités locales (DGCL), via le portail collectivites-locales.gouv.fr et son bulletin annuel d’information statistique, recense les communes nouvelles créées en France depuis la loi du 16 mars 2015.Au 1er janvier 2025, on en dénombre plus de 800, qui regroupent plus de 2 500 anciennes communes fusionnées.Le mouvement a connu un pic entre 2015 et 2018 (incitations financières, dotation bonifiée), puis un net ralentissement.Il repart en 2025, avec 46 communes nouvelles créées au 1er janvier.

La création du site internet d’une commune nouvelle subit directement cette organisation (héritage juridique des anciennes communes, communes déléguées, maires délégués, mairies annexes).Le site n’est pas un territoire vierge : il doit refléter la nouvelle entité juridique et respecter les ancrages locaux.L’équilibre est subtil, et les erreurs sont durablement mal vécues par les habitants.

Calendrier après la fusion : du juridique au numérique

Le calendrier d’une fusion suit une logique propre.Le numérique n’en est qu’une étape parmi d’autres.La connaître permet d’anticiper la mise en ligne du site plutôt que de la subir.

  1. Délibérations concordantes des conseils municipaux. Chaque ancienne commune délibère pour demander la création de la commune nouvelle. Ces délibérations précisent le nom souhaité, le siège et le régime des communes déléguées.
  2. Arrêté préfectoral créant la commune nouvelle. Il est pris dans les semaines qui suivent les délibérations. Il prend effet au 1er janvier de l’année N+1, date de la bascule juridique.
  3. Élection (ou prorogation) du nouveau conseil municipal. Selon les cas, les conseillers municipaux des anciennes communes siègent au conseil de la commune nouvelle jusqu’aux prochaines élections municipales (souvent prorogées d’un an pour permettre la transition).
  4. Choix de l’identité visuelle. Nom retenu, blason, charte graphique, signature. Cette étape mobilise généralement un comité de pilotage politique et peut durer 3 à 6 mois.
  5. Transition numérique. Choix du nom de domaine, choix de la solution technique, migration des contenus, formation des agents, communication aux administrés, mise en ligne du site unifié.

Dans la pratique, les étapes 4 et 5 se chevauchent largement.La charte graphique doit être figée avant la mise en ligne, mais elle est souvent finalisée pendant la migration des contenus.Anticipez cette imbrication dans votre planning.

La méthode générale de refonte est détaillée dans notre article Refonte du site internet d’une commune : méthode étape par étape.

Choisir le nom de domaine de la commune nouvelle

Le nom de domaine, c’est l’adresse du site, par exemple mairie-x.fr.C’est le premier signe visible de la fusion pour les administrés.Trois stratégies dominent.

Stratégie 1 : le nom de la commune nouvelle.Si la commune nouvelle porte un nouveau nom (par exemple Val-de-Saône), le domaine devient logiquement mairie-val-de-saone.fr ou ville-val-de-saone.fr.C’est la stratégie la plus lisible : un nom, une adresse, une identité.Nous la recommandons dans la grande majorité des cas.

Stratégie 2 : le nom historique de la plus grande commune.Si la fusion se fait autour d’un chef-lieu reconnu et que la commune nouvelle garde ce nom, vous pouvez préserver le domaine historique.Cette stratégie évite de perdre la place gagnée sur Google avec l’ancienne adresse.Elle peut toutefois être mal vécue par les habitants des communes plus petites, qui se sentent absorbés.

Stratégie 3 : une référence territoriale.Pour les fusions sans commune principale, on opte parfois pour une référence géographique neutre (vallée, rivière, plateau, pays historique).Cette voie demande plus de communication, mais elle peut faciliter l’acceptation politique de la fusion.

L’AFNIC (association française pour le nommage internet en coopération) recommande aux collectivités françaises de privilégier les extensions .fr et .gouv.fr pour leur identité officielle.Le .gouv.fr est en pratique réservé aux administrations centrales et à certaines structures spécifiques.Les communes utilisent largement le .fr.

Que faire des anciens noms de domaine ?Ne les supprimez pas du jour au lendemain.Mettez en place des redirections 301 permanentes : un renvoi automatique depuis les anciennes adresses vers les pages équivalentes du nouveau site.Conservez les anciens domaines pendant au moins 5 ans : ils restent cités longtemps dans les courriers, les documents administratifs, les sites partenaires et Google.Le coût de renouvellement annuel d’un .fr reste très modeste comparé au préjudice d’une adresse devenue introuvable.

Pour comprendre les enjeux techniques du nom de domaine et de l’adresse email officielle de la commune nouvelle, consultez notre page nom de domaine personnalisé pour une mairie.

Migrer les contenus des ex-communes fusionnées

Pour le site d’une commune nouvelle, chaque ancienne commune apporte ses actualités, ses comptes-rendus de conseil, son annuaire des élus, ses associations et ses photos (quand elle avait un site).La fusion impose un tri méthodique.

La règle de base :conservez tout ce qui a une valeur historique, juridique ou identitaire ;unifiez ou retirez ce qui était opérationnel et propre à une ancienne entité juridique.

Ce qu’il faut conserver :

  • les actualités importantes des 12 derniers mois de chaque ancienne commune, qui font partie de la mémoire locale récente ;
  • les comptes-rendus de conseil municipal des anciennes communes (obligation de conservation, intérêt historique) ;
  • l’identité visuelle locale des futures communes déléguées (blason ancien, photos emblématiques, vie associative locale).

Ce qu’il faut fusionner :

  • l’annuaire des élus, à unifier autour du nouveau conseil municipal et du collège des maires délégués ;
  • la liste des services municipaux, à harmoniser (c’est souvent le moment de clarifier qui fait quoi) ;
  • les informations pratiques : horaires des mairies (principale et annexes), jours de marché, collecte des déchets si elle est harmonisée.

Ce qu’il faut retirer :

  • les doublons d’information générique (réglementation nationale, démarches qui figurent déjà sur service-public.fr) ;
  • les pages obsolètes datant de plus de 3 à 5 ans, sans intérêt patrimonial ;
  • les informations contradictoires entre anciennes communes (tarifs, horaires, contacts), à arbitrer avant publication.

Communiquer la fusion aux administrés

La mise en ligne du nouveau site est un événement de communication à part entière.L’erreur classique : basculer en silence et laisser les administrés découvrir la nouvelle adresse en tapant l’ancienne dans leur navigateur.Quatre dispositifs limitent cette friction.

Bandeau d’annonce temporaire.Pendant les 3 à 6 premiers mois après la mise en ligne, affichez en haut de chaque page un bandeau qui explique que vous êtes désormais une commune nouvelle.Ajoutez un lien vers une page « Mode d’emploi ».Ce bandeau doit rester accessible au clavier et fermable (pas de fenêtre qui bloque la page).

Page dédiée « Notre commune nouvelle, mode d’emploi ».Elle répond aux questions concrètes des administrés :

  • où s’adresser pour l’état civil (mairie principale ou mairie annexe ?) ;
  • qui sont les nouveaux élus ;
  • quel est le périmètre de la commune ;
  • quelles démarches sont harmonisées, et lesquelles restent propres à chaque ancienne commune.

Cette page est consultée massivement pendant les six premiers mois.

Lettre d’information et courriel aux abonnés existants.Si chaque ancienne commune avait une liste d’abonnés à sa lettre d’information, fusionnez-les.Informez d’abord les abonnés du changement de responsable de traitement au sens du , la règle de protection des données personnelles.Envoyez ensuite un courriel d’annonce coordonné de la mise en ligne du nouveau site, qui renvoie vers la page « mode d’emploi ».

Affichage municipal physique.Une commune nouvelle compte souvent une population âgée, moins connectée.Doublez la communication numérique d’un affichage papier en mairie principale et dans chaque mairie annexe.Profitez du bulletin municipal du trimestre suivant la fusion pour publier un encart sur le nouveau site, ce qu’on peut y faire et son adresse.Pour les petites communes nouvelles rurales, ce relais physique reste essentiel : c’est aussi ce que nous documentons dans la page site internet pour petite commune rurale.

Une fusion réussie côté numérique ne se mesure pas le jour de la mise en ligne, mais six mois après.À ce moment, les administrés savent où s’adresser et le site est de nouveau trouvé sur Google sous le nouveau nom.L’identité de la commune nouvelle commence alors à s’imposer dans le langage courant.

Questions fréquentes : Commune nouvelle

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