Guides pratiques

Alerter les habitants de la commune : SMS, application ou site, que choisir ?

FR-Alert, SMS, notifications ou site : quel canal choisir pour alerter les habitants de la commune.

Publié le9 min de lecture
Sommaire7 parties

Pour alerter les habitants, aucun canal ne suffit seul : le maire combine FR-Alert, sirènes, SMS, notifications et porte-à-porte.Le site de la commune reste la page de référence, celle que tous les autres messages citent.

Qui alerte les habitants : le préfet, le maire, FR-Alert

Trois autorités peuvent décider d’une alerte, selon l’article R732-22 du code de la sécurité intérieure.Il s’agit du Premier ministre, du préfet de département et du maire.Le maire qui déclenche une alerte en informe le préfet sans délai.

Ce rôle découle de ses pouvoirs de police.L’article L2212-2 du CGCT le charge de prévenir « les accidents et les fléaux calamiteux ».

FR-Alert, un outil de l’État

FR-Alert envoie une notification à tout téléphone mobile présent dans une zone de danger.Il n’y a rien à installer, et aucune inscription n’est nécessaire.

La mairie ne peut pas le déclencher elle-même.FR-Alert part d’un portail que seuls les utilisateurs du Réseau Internet de l’État peuvent ouvrir.

Le maire peut en revanche demander au préfet de le déclencher pour son compte.Il passe par une fiche de transmission, annexée à une instruction du 28 septembre 2022.C’est ce que précise une réponse ministérielle publiée au JO Sénat le 16 février 2023.

Le plan communal de sauvegarde et le DICRIM

Le plan communal de sauvegarde (PCS) organise la diffusion de l’alerte et des consignes de sécurité.L’article L731-3 du code de la sécurité intérieure lui donne ce rôle.

Il est obligatoire dans sept cas, par exemple :

  • un plan de prévention des risques naturels ou miniers prescrit ou approuvé ;
  • le champ d’un plan particulier d’intervention ;
  • une zone de sismicité de niveau 3, 4 ou 5 (article R731-1) ;
  • une forêt classée ou réputée particulièrement exposée.

La commune a deux ans pour l’élaborer à partir de la notification du préfet (article R731-3).Elle le révise tous les cinq ans au plus, et le teste par un exercice au moins tous les cinq ans.

Ce que le PCS doit prévoir pour l’alerte

L’article R731-2 demande des dispositions pour « alerter et informer la population » à tout moment. Elles comprennent notamment :

  • un annuaire opérationnel ;
  • un règlement d’emploi des différents moyens d’alerte.

Le maire rend le plan consultable.La version consultable ne contient aucune donnée personnelle (article R731-8).

Le DICRIM et l’information sur les risques

Le maire établit le document d’information communal sur les risques majeurs, ou DICRIM (article R125-11 du code de l’environnement).Il le révise tous les cinq ans au plus, et l’insère ensuite au PCS.Le maire le fait connaître « par tout moyen approprié, notamment par voie électronique ».

Dans une commune exposée à un risque majeur, l’article L125-2 lui demande d’expliquer les modalités d’alerte.Dans les communes listées à l’article R125-10, il organise au moins une fois tous les deux ans des actions de communication sur les risques majeurs et les mesures de sauvegarde (article R125-13 III).

Alerte mairie : les canaux comparés

Chaque canal touche un public différent.Voici qui le déclenche, qui il touche, ce qu’il coûte quand un prix est publié, et ses limites.

FR-Alert

Qui déclenche
Le préfet, à la demande du maire si besoin.
Qui est touché
Tout téléphone mobile présent dans la zone de danger, sans inscription ni application.
Coût
Les opérateurs l’acheminent gratuitement (article L33-1 du CPCE).
Limites
La commune ne le déclenche pas elle-même.

Sirènes

Qui déclenche
Le maire, qui peut mobiliser les sirènes communales ou celles de l’État (SAIP).
Qui est touché
Les personnes à portée de son.
Limites
Une sirène signale un danger, elle ne dit pas quoi faire.

SMS

Qui déclenche
La mairie, par un prestataire d’envoi.
Qui est touché
Les numéros inscrits dans le fichier de la commune.
Coût
De 0,048 à 0,06 € HT par SMS chez OVHcloud, selon le volume acheté (prix lus le 29 septembre 2026).
Limites
Il faut constituer et tenir à jour le fichier des numéros.

Notifications web push et application installable

Qui déclenche
La mairie, depuis son site.
Qui est touché
Les appareils abonnés aux notifications.
Limites
Sur iPhone, iOS 16.4 minimum et site ajouté à l’écran d’accueil.

Bandeau sur le site

Qui déclenche
La mairie.
Qui est touché
Toute personne qui consulte le site.
Limites
Il ne prévient pas, il faut venir le lire. C’est la page de référence.

E-mail

Qui déclenche
La mairie.
Qui est touché
Les abonnés de la lettre d’information.
Limites
Un e-mail se lit souvent en retard.

Porte-à-porte et affichage

Qui déclenche
Les élus, les agents, les bénévoles.
Qui est touché
Les personnes sans téléphone ou isolées.
Limites
Lent, et il demande du monde.

Le réseau SAIP de l’État compte plus de 2 000 sirènes déclenchées à distance.Le maire peut aussi mobiliser les sirènes communales ou des ensembles mobiles d’alerte.

Pour comparer les applications, lisez notre guide sur l’application mobile de mairie.

Alerte SMS commune : consentement, données et prix

Le consentement et le fichier des numéros

Une commune n’a pas toujours à recueillir le consentement.Selon la CNIL, la plupart de ses traitements reposent sur une obligation légale ou une mission d’intérêt public.

Nous n’avons trouvé aucune fiche de la CNIL propre à l’alerte par SMS.Son guide pour les collectivités cite seulement l’alerte de la population parmi leurs traitements.Pour un service où les habitants s’inscrivent eux-mêmes, faites valider la base juridique par votre DPO.

Trois règles valent dans tous les cas :

  • inscrivez le fichier au registre des traitements, avec sa durée de conservation ;
  • ne réutilisez pas un fichier collecté pour autre chose, comme celui des abonnés à l’eau ;
  • n’utilisez jamais le fichier d’alerte pour la communication politique.

Notre guide RGPD pour les mairies détaille le registre des traitements.

Le prix d’un SMS

Le 29 septembre 2026, OVHcloud affichait ces prix unitaires :

  • 0,06 € HT par SMS pour un lot de 100 ;
  • 0,058 € HT par SMS pour un lot de 1 000 ;
  • 0,054 € HT par SMS pour un lot de 10 000, soit 540 € HT.

Avec un lot de 1 000 SMS, un envoi à 1 000 numéros coûte donc 58 € HT.Un crédit correspond à un SMS envoyé en France métropolitaine, de 160 caractères au plus.Demandez les prix à jour de plusieurs prestataires avant de choisir.

Constituer la liste des habitants à alerter

Depuis le 19 août 2026, l’article L731-3-1 du code de la sécurité intérieure crée une nouvelle obligation.Toute personne qui établit ou transfère sa résidence principale dans une commune le déclare à la mairie dans un délai d’un mois.

Cette déclaration sert exclusivement aux plans de résilience.Le texte cite le plan communal de sauvegarde et les dispositifs d’alerte et d’information des populations.

L’accueil d’un nouvel habitant est le bon moment pour lui présenter les canaux d’alerte.Remettez-lui le DICRIM, et proposez-lui de s’abonner aux notifications.

Ce qu’il faut vérifier avant la prochaine crise

Sept points à contrôler avec votre équipe :

  • la fiche de demande FR-Alert de votre préfecture est dans le PCS ;
  • l’annuaire opérationnel est à jour ;
  • le règlement d’emploi dit qui déclenche quel canal, et dans quel ordre ;
  • un modèle de message est prêt pour chaque risque de la commune ;
  • la liste des personnes sans téléphone a un référent par quartier ;
  • deux personnes au moins savent publier une alerte sur le site ;
  • le dernier exercice date de moins de cinq ans.

Alerter les habitants avec Mairie.app

Mairie.app couvre le site, les notifications et l’e-mail.Le module alertes citoyens est inclus dans les formules Pro et Premium.

Quand la mairie publie une alerte :

  • un bandeau s’affiche sur toutes les pages du site, et l’alerte rejoint la page Alertes ;
  • elle porte un niveau : information, attention ou critique ;
  • L’alerte prend fin à la date que vous fixez.Sans date de fin, elle reste affichée jusqu’à ce que vous la retiriez ;
  • un e-mail part aux abonnés de la lettre d’information qui ont choisi les alertes ;
  • une notification part aux appareils abonnés aux alertes, sauf si vous décochez l’envoi.

Les notifications push sont incluses dans toutes les formules.Elles passent par le navigateur, sans magasin d’applications, sans e-mail ni nom.L’habitant règle ses heures de silence et choisit ses catégories.

L’application installable s’ajoute à l’écran d’accueil du téléphone.Sur iPhone, c’est aussi ce qui permet de recevoir les notifications.

Pourquoi nous mettons en avant les notifications push

Une notification push ne coûte rien à l’envoi.Elle est comprise dans l’abonnement, quel que soit le nombre d’alertes et d’abonnés.Un SMS, lui, se paie à chaque message et à chaque destinataire.

Pour une commune qui achète un lot de 10 000 SMS chez OVHcloud (0,054 € HT par SMS, lu le 29 septembre 2026) :

  • une alerte envoyée à 1 000 habitants coûte 54 € HT ;
  • dix alertes dans l’année à ces 1 000 habitants coûtent 540 € HT ;
  • les mêmes dix alertes en notification push coûtent 0 € de plus.

Le SMS garde un avantage : il atteint un téléphone sans connexion Internet.

Ce que Mairie.app ne fait pas :

  • déclencher FR-Alert, qui reste un outil de l’État ;
  • cibler une zone précise de la commune.

Pour situer l’alerte dans le projet de site, lisez notre guide pour créer le site internet de la mairie.

En résumé

Le préfet déclenche FR-Alert, le maire décide de l’alerte locale.Le plan communal de sauvegarde écrit à l’avance qui prévient qui, et par quel canal.Le site porte le message de référence.

Sources lues le 29 septembre 2026 :

Questions fréquentes : Alerter les habitants de la commune

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