Depuis 2016, tout usager peut saisir sa mairie par voie électronique et recevoir un accusé qui confirme la réception de sa demande.Ce droit, la SVE commune, s’impose à toutes les communes.SVE veut dire saisine par voie électronique.
Il repose sur des textes précis, il n’est pas une option de confort.Voici ce que la loi exige, ce qu’elle n’exige pas, et comment l’articuler avec vos téléservices et votre formulaire de contact.
Le cadre légal de la SVE
Le droit de saisir l’administration par voie électronique s’inscrit dans un mouvement législatif engagé de longue date.L’ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives a posé les premières bases.Elle reconnaît la validité des échanges dématérialisés et pose le principe des téléservices et des accusés électroniques.
Le droit de saisine proprement dit a ensuite été codifié dans le Code des relations entre le public et l’administration (CRPA), aux articles L112-8 et suivants.L’article L112-8 énonce le principe : toute personne peut saisir l’administration par voie électronique, dès lors qu’elle s’est identifiée auprès d’elle.L’administration doit lui accuser réception. C’est le socle du droit opposable à la commune.
Enfin, le décret n° 2016-1411 du 20 octobre 2016 relatif aux modalités de saisine de l’administration par voie électronique précise les conditions pratiques.
- la nature des accusés à délivrer ;
- les mentions obligatoires ;
- la possibilité de recourir à un téléservice dédié ;
- les cas d’exclusion.
Ce décret s’applique aux collectivités territoriales et à leurs établissements publics.C’est à ce moment que la saisine par voie électronique est devenue une obligation concrète pour les mairies.
Ce que la commune doit concrètement permettre
Derrière le sigle, l’obligation se résume à deux engagements simples mais fermes.
1. Offrir un canal de saisine électronique identifiable
La commune doit permettre à l’usager d’adresser une demande, une déclaration ou un document par voie électronique.Ce canal peut prendre l’une de ces formes :
- une adresse de messagerie publiée et relevée ;
- un formulaire de contact en ligne ;
- un téléservice, c’est-à-dire un formulaire en ligne propre à une démarche précise.
L’essentiel : le canal est clairement porté à la connaissance du public et il fonctionne vraiment.Une adresse indiquée mais jamais relevée ne satisfait pas l’obligation.
2. Délivrer les accusés prévus par le décret
C’est le cœur du dispositif, et le point le plus souvent négligé.Le décret distingue deux actes complémentaires :
- L’accusé d’enregistrement électronique (AEE) : délivré automatiquement et sans délai dès le dépôt. Il confirme que l’envoi est bien parvenu et comporte notamment la date de réception. Il peut inclure un identifiant pour suivre le dossier ;
- L’accusé de réception électronique (ARE) : plus complet. Il mentionne la date de réception, le service chargé du dossier, les délais applicables et, le cas échéant, l’effet d’un silence de l’administration (acceptation ou rejet selon la démarche). Les règles générales du CRPA (article R112-5) imposent de l’adresser sous sept jours.
Ces accusés ne sont pas de simples formalités.Ils font courir des délais et sécurisent l’usager comme la commune sur la date exacte de dépôt.Un dispositif qui les génère automatiquement évite à l’équipe municipale de les rédiger et de les envoyer à la main.
Périmètre et exceptions
La SVE est un droit large, mais pas absolu.Le décret n° 2016-1411 prévoit plusieurs situations où la commune peut écarter la saisine par voie électronique libre ou l’encadrer :
- Démarches hors compétence. Une demande qui ne relève pas de la commune peut être écartée. La commune l’oriente alors vers l’administration compétente ;
- Envois abusifs. Les demandes répétitives ou systématiques, ou dont le nombre traduit un usage abusif, ne bénéficient pas des mêmes garanties ;
- Sécurité informatique. La commune peut écarter les envois qui menacent la sécurité de ses outils informatiques (pièces jointes dangereuses, volumes anormaux) ;
- Téléservice imposé. Lorsqu’un téléservice dédié existe, la commune peut en imposer l’usage plutôt que d’accepter un envoi électronique libre. Il doit alors être accessible et son périmètre clairement indiqué ;
- Formes particulières prescrites par un texte. Certaines démarches restent soumises à un mode de saisine spécifique fixé par la réglementation.
Ces exceptions doivent rester l’exception.Elles ne dispensent jamais la commune d’offrir un canal électronique fonctionnel pour l’essentiel des demandes courantes des administrés.
Téléservices, formulaire de contact : comment ça s’articule
Dans la pratique, une commune combine généralement trois façons de recevoir les demandes en ligne, de la plus simple à la plus complète.
Le formulaire de contact
C’est la base. Un formulaire de contact bien conçu (date et heure enregistrées, accusé automatique, trace de chaque message) répond au droit de saisine pour les demandes générales.Il couvre les questions, les signalements et les sollicitations qui ne relèvent pas d’une procédure normée.Il remplace avantageusement l’adresse e-mail brute, qui n’offre ni preuve de dépôt ni accusé automatique.
Les démarches en ligne (téléservices)
Pour les démarches fréquentes et encadrées (demande d’acte, inscription, réservation, signalement d’un problème sur la voirie), un téléservice dédié demande les bonnes informations à chaque fois.Il attribue un identifiant de dossier et permet un suivi.Le décret autorise à l’imposer lorsqu’il existe, parce qu’il offre plus de garanties à l’usager qu’un e-mail libre.
L’articulation avec les grands services de l’État
Certaines démarches passent par des plateformes nationales (par exemple les téléprocédures d’urbanisme ou les services de Service-Public.fr).Le site de la commune n’a pas à les réinventer. Son rôle est d’orienter clairement l’usager vers le bon canal.Il traite en propre ce qui relève de sa compétence directe.
La cohérence de ce parcours, savoir où déposer quoi, fait partie de la qualité du service rendu.
Ce que mairie.app couvre (et ce qu’il ne prétend pas faire)
mairie.app fournit les outils qui permettent à une commune de mettre en place la saisine par voie électronique, sans projet informatique sur mesure.
- Formulaire de contact pour les habitants. Chaque message est daté, conservé de façon sécurisée et séparé de ceux des autres communes. L’habitant reçoit une confirmation de dépôt. L’équipe municipale retrouve toutes les demandes dans l’espace de gestion de la mairie, plutôt que dispersées dans des boîtes mail personnelles ;
- Démarches en ligne pour les habitants. Prise de rendez-vous, signalements, réservations de salles. Chaque demande reçoit un suivi et une confirmation. L’habitant vit la même chose qu’avec un téléservice dédié, pour les démarches courantes d’une mairie ;
- Accusés et confirmations automatiques. Chaque dépôt envoie une confirmation par e-mail. L’usager garde ainsi une trace de sa demande, et l’équipe n’a rien à envoyer à la main.
La saisine par voie électronique n’est pas une contrainte technique de plus.C’est la traduction concrète d’un service public accessible : l’administré s’adresse à sa mairie sans se déplacer, et sait, preuve à l’appui, que sa demande est arrivée.
Pour resituer cette obligation parmi les autres, voir notre panorama des obligations légales du site internet d’une mairie.